La perspective d’une succession à la FIFA se dessine désormais avec acuité, alors que Gianni Infantino sort d’une Coupe du Monde 2026 riche en débats et controverses. Le dirigeant suisse, longtemps solidement installé à la tête de la plus puissante institution du football international, se retrouve aujourd’hui fragilisé par plusieurs revers. Son projet audacieux, mais très critiqué, de céder des parts commerciales dans la Coupe du Monde a finalement capoté, ajoutant une couche de défiance notoire envers sa gestion. La confiance autour de sa personne s’effrite, entamant la sérénité du prochain scrutin à la présidence FIFA, programmé à Rabat en mars 2027. En coulisses, la campagne s’active déjà, avec plusieurs noms qui émergent comme potentiels candidats capables de relever ce défi colossal.
Sur le terrain, la récente édition nord-américaine du Mondial a soulevé des interrogations sur la conduite et la vision à long terme de la gouvernance du football mondial. Avec des appels de fédérations nationales réclamant un changement radical à la tête de la FIFA, en particulier après l’échec du projet de société commerciale, la période à venir s’annonce particulièrement mouvementée. Le président de la Confédération Européenne, l’UEFA, a officiellement exprimé son scepticisme quant à la capacité d’Infantino à poursuivre sereinement sa mission, faisant planer un doute sur sa réélection.
Nous avons vu plusieurs figures se profiler, chacune portant en elles une dynamique différente pour l’avenir de la direction FIFA. Que ce soit le Canadien Victor Montagliani, qui bénéficie d’un soutien consolidé grâce à son action à la CONCACAF, ou Aleksander Čeferin, tête d’affiche de l’UEFA, la bataille des candidatures promet une confrontation serrée. D’autres noms, comme celui de Nasser Al-Khelaïfi ou Mattias Grafström, ajoutent une épaisseur supplémentaire au débat, chacun avec ses atouts et points faibles.
Les enjeux cruciaux pour la prochaine élection FIFA après la Coupe du Monde
Le scrutin pour la présidence FIFA n’est pas qu’une simple formalité. Il incarne un véritable tournant pour le football international, à un moment où la gestion footballistique est sous le feu des critiques. La contestation sur la commercialisation du Mondial et l’implication des grands acteurs économiques ont mis en lumière les dilemmes de gouvernance auxquels la FIFA est confrontée. L’abandon du projet de société commerciale a crispé les relations internes et affaibli la position d’Infantino, qui doit désormais retrouver la confiance de ses pairs pour espérer un second mandat sans heurts.
Cette crise participe à réinterroger le système électoral, la diplomatie du football et les alliances entre fédérations. Ce sont des territoires où chaque voix compte, souvent bien au-delà des simples résultats sportifs, comme on a pu le voir lors de la Coupe du Monde 2026, marquée par une gestion arbitrale encore sujet à controverse, notamment autour du VAR, qui a montré toute sa complexité dans certaines phases décisives (lire notre analyse approfondie). Ces éléments ont créé une ambiance tendue, où la valeur symbolique d’une direction stable et compétente est plus que jamais à défendre.

Victor Montagliani : le favori logique pour assurer la succession FIFA ?
Depuis son arrivée à la tête de la CONCACAF en 2016, Victor Montagliani s’est imposé comme une figure sérieuse et crédible. Sa connaissance approfondie des rouages de la FIFA, conjuguée au succès organisationnel de la Coupe du Monde 2026 dans son territoire, lui donne une solide carte à jouer. Plus encore, son opposition ferme au projet de société commerciale d’Infantino a tranché entre lui et le président sortant, renforçant son positionnement comme un contestataire pragmatique. Avant même la crise, Montagliani sondait discrètement ses alliés potentiels, misant sur une coalition forte d’Amérique du Nord et d’Europe pour peser dans une course qui s’annonce serrée.
Sa candidature attire car elle représente un changement balisé, capable de rassurer aussi bien les fédérations que les partenaires économiques du football. Il apparaît comme celui qui pourrait tourner la page des tensions récentes tout en maintenant une continuité dans la gestion du football mondial, un équilibre délicat à tenir dans ce contexte explosif.
Les profils plus controversés et les outsiders dans la course à la direction FIFA
Aleksander Čeferin incarne un rôle dissident marqué mais incomplet. En guerre ouverte avec Infantino, le président de l’UEFA reste un homme incontournable, mais ses positions tranchées lui valent des oppositions dans des régions clés comme l’Afrique et l’Amérique du Sud. Cette division territoriale complique une candidature effective, même si ses défenseurs le voient comme un rempart contre une dérive commerciale de la compétition.
Quant à Nasser Al-Khelaïfi, dont le nom a circulé avec force, son entourage a clairement démenti tout désir d’élection. Malgré un profil ambitieux et une forte popularité dans le football français et européen, son absence d’envie politique réelle semble fermer la porte à sa candidature, et il continue surtout à jouer un rôle de soutien discret dans les institutions du football mondial.
Plus inattendu, Mattias Grafström, le secrétaire général actuel de la FIFA, pourrait vouloir capitaliser sur son expérience administrative pour assurer une transition fluide. Si sa proximité avec Infantino peut être vue comme un frein, son expertise peut séduire ceux qui préfèrent une certaine stabilité, sans rupture brutale dans la gouvernance.
Enfin, Cheikh Salman ben Ibrahim Al Khalifa, candidat malheureux en 2016, pourrait tenter une revanche. Sa connaissance fine des mécanismes électoraux et son opposition au projet controversé d’Infantino en font un prétendant sérieux, mais il devra lever certains réticences au sein des fédérations asiatiques pour convaincre sur le plan international.
Répercussions de la succession FIFA sur le football mondial et ses compétitions
Le nom du prochain président FIFA aura un impact direct sur l’organisation future de la Coupe du Monde et sur la gestion des enjeux du football international. La qualité de la gouvernance et la capacité à fédérer autour d’une vision claire seront déterminantes pour éviter un nouveau cycle de tensions et de polémiques. Alors que les enjeux financiers et politiques ne cessent de croître, assurer une direction crédible est une nécessité impérieuse pour préserver l’image et la légitimité du football mondial.
Une nouvelle ère, ou au moins un tournant, pourrait favoriser une meilleure concertation entre continents et mieux intégrer la complexité actuelle, tout en gardant un œil attentif sur les choix liés à l’arbitrage et à la technologie, question qui a largement marqué la dernière Coupe du Monde. Le prochain président devra aussi gérer les intérêts parfois contradictoires entre clubs, ligues et fédérations, notamment en Europe avec l’enjeu de la Ligue 1 et son rayonnement international. Rappelons à cet égard l’importance du football français dans ce contexte (voir notre récent focus sur Neymar et le Brésil là-dessus).