À quelques jours de l’ouverture de la Coupe du monde de ski alpin à Sölden, en Autriche, plusieurs Français doivent chercher de l’argent pour financer leur saison. Le cas de Flavio Vitale, champion du monde juniors de géant en 2025 et dixième la saison dernière, illustre un paradoxe du ski français : même un jeune athlète déjà bien placé dans la hiérarchie peut manquer de moyens pour poursuivre sa progression au plus haut niveau. 🏔️
En bref : Vitale espère réunir 20 000 euros grâce au financement participatif et a déjà recueilli la moitié de cette somme. D’autres skieurs, dont Léo Ducros, Edgar Meyer et Auguste Aulnette, sollicitent eux aussi le public. Une situation qui interroge sur le coût de l’entraînement et le soutien aux skieurs, alors que des sponsors ne suffisent pas toujours à équilibrer les budgets.
Cagnottes en ligne : le ski français face au manque de moyens
À 21 ans, Flavio Vitale s’apprête à retrouver le circuit mondial avec un titre junior et une dixième place en Coupe du monde à son actif. Pourtant, avant même de prendre le départ à Sölden, le skieur de Tignes a dû chercher une aide financière pour couvrir les dépenses de sa saison.
Il a déposé une demande sur soutienstonsportif.fr, une plateforme portée par la Fondation du sport français. Son objectif est de récolter 20 000 euros ; environ 10 000 euros ont déjà été réunis. Cette somme doit contribuer aux frais liés à la compétition, alors que le jeune Français bénéficie également du soutien de sa station, d’entreprises partenaires et de son équipementier.

Un budget de saison qui dépasse les soutiens privés
La collecte de Vitale met en lumière une difficulté moins visible que les résultats : le coût de l’entraînement et des déplacements pèse lourdement sur les jeunes sportifs français. Dans une discipline où les saisons s’enchaînent entre stages, matériel et compétitions à l’étranger, les partenaires privés ne garantissent pas toujours un financement suffisant.
Le recours aux cagnottes en ligne ne relève donc pas seulement d’une initiative individuelle. Il révèle un système où des athlètes prometteurs doivent mobiliser leur entourage et le grand public pour continuer à courir au plus haut niveau. La réussite sportive ne devrait pas dépendre d’une collecte menée à quelques jours du départ.
Des descendeurs français eux aussi contraints de solliciter le public
Flavio Vitale est loin d’être un cas isolé. Léo Ducros et Edgar Meyer, jeunes descendeurs du groupe B, ont également dû faire appel au financement participatif pour boucler leur budget, tandis qu’Auguste Aulnette s’est tourné vers HelloAsso. « J’avais besoin qu’on m’aide », a-t-il expliqué au Dauphiné, une démarche qu’il a entreprise à contrecœur.
La mobilisation peut toutefois atteindre des montants importants : une cagnotte organisée en parallèle par une dirigeante du club d’un slalomeur a recueilli 31 811 euros. Mais cette somme ne règle pas le problème de fond. Quand la participation à une saison dépend de campagnes de dons, le soutien aux skieurs repose en partie sur la solidarité plutôt que sur un accompagnement stable.
Les sports d’hiver face à une question de soutien durable
Pour ces athlètes, les cagnottes permettent de maintenir un projet sportif immédiat, mais elles ne constituent pas une garantie pour les saisons suivantes. À l’approche de Sölden, l’urgence est de financer le départ ; à plus long terme, c’est la capacité à accompagner les talents jusqu’au plus haut niveau qui est en jeu.
Le constat est d’autant plus préoccupant que Vitale possède déjà des résultats de référence et plusieurs partenaires. Si un skieur de son profil doit encore solliciter les dons pour compléter son budget, le manque de moyens concerne bien davantage que les sportifs sans palmarès : il questionne la solidité du modèle de financement du ski français. 🏁