Aleksander Ceferin, le patron de l’UEFA, a clairement annoncé qu’il ne sera pas candidat à la présidence de la FIFA lors des prochaines élections qui s’annoncent mouvementées en 2027. Malgré sa réputation de principal opposant à Gianni Infantino, Ceferin préfère rester fidèle à sa direction sportive en Europe et garder son capital de crédibilité intact face au dirigeant suisse-italien, dont le mandat agite toujours autant le monde du football.
Alors que la succession d’Infantino semblait pouvoir se jouer entre ces deux épées du ballon rond, Ceferin a préféré sortir du jeu, assurant que son engagement à l’UEFA reste prioritaire. Sa décision survient dans un contexte où Infantino fait face à une vague de défiance sans précédent, notamment à cause de son projet controversé de vendre une participation dans la Coupe du Monde à des investisseurs privés – un projet que Ceferin qualifie d’« encore pire que la tentative de Super Ligue » de 2021, et qui a déjà fait chuter brutalement ce plan.
- ⚽ Ceferin déclare qu’il n’est pas intéressé par le poste de président de la FIFA, préférant se concentrer sur son rôle actuel à l’UEFA.
- ⚽ Il rejette fermement l’initiative d’Infantino visant à privatiser certaines opérations majeures de la FIFA, dénonçant une vente du football à des intérêts financiers privés.
- ⚽ Trois des six confédérations régionales, dont l’UEFA, exigent la démission d’Infantino, mais ce dernier persiste dans sa course.
- ⚽ Ceferin estime son influence comme opposant plus crédible en restant à l’écart, préservant ainsi la rupture politique nécessaire pour contrer Infantino.
- ⚽ Malgré les tensions, l’UEFA continue de défendre le football européen sans devoir imposer ses vues, afin d’éviter d’alimenter davantage la polémique.
Aleksander Ceferin annonce son inéligibilité à la présidence de la FIFA et maintient ses critiques contre Infantino
Les rumeurs circulaient depuis plusieurs mois : Ceferin pourrait-il tenter sa chance contre Gianni Infantino ? La réponse est claire et nette : non. Lors d’une interview pour le podcast britannique The Rest is Politics, le président de l’UEFA a souligné à quel point son investissement dans le football européen est important à ses yeux, au point d’exclure tout départ vers la FIFA. Sa décision a un impact notable sur la scène mondiale du football, où Infantino reste seul en lice, pour l’instant, à la tête de la fédération internationale.
Ceferin a rappelé que les critères statutaires liés aux mandats à l’UEFA et à la FIFA offrent aux présidents actuels des marges permettant de se représenter à plusieurs termes, même si, théoriquement, trois mandats restent la limite officielle. Il pourrait donc, en théorie, briguer un quatrième mandat à l’UEFA, et il n’a pas fermé cette porte pour l’instant. Il préfère toutefois repousser l’échéance et profiter du moment en Europe, là où se concentre son pouvoir et sa passion.

Le projet « FIFA Forward Enterprise » : une initiative controversée qui flambe la politique du football mondial
Gianni Infantino tente de bouleverser la gouvernance mondiale du football en souhaitant vendre une part importante des droits et opérations lucratives d’événements majeurs comme la Coupe du Monde à des fonds d’investissement privés, notamment un groupe piloté par Joshua Kushner, proche de la famille Trump. Cette manœuvre, appelée FIFA Forward Enterprise, a suscité une telle tempête que trois confédérations régionales, dont l’UEFA, ont publiquement réclamé la démission d’Infantino.
Ceferin compare ce projet à la catastrophe que fut la tentative de Super Ligue européenne, mais avec une conséquence encore plus grave : ce n’est plus simplement un projet de compétition entre clubs, mais une véritable marchandisation du sport le plus populaire au monde. Ce plan secret a été stoppé net par la pression politique et médiatique, mais le malaise reste important. Loin de calmer les tensions, Infantino semble prêt à s’accrocher, cherchant à rallier ses partisans un peu partout.
Une opposition assumée mais sans candidature à la tête de la FIFA
La stratégie adoptée par Ceferin est limpide : il souhaite garder sa stature d’opposant principal sans pour autant compromettre sa position actuelle. Il estime que sa crédibilité serait mieux préservée en restant à l’UEFA plutôt qu’en lançant une candidature aujourd’hui. Cette posture politique est d’autant plus stratégique que le patron de l’UEFA doit manœuvrer habilement pour représenter l’Union européenne sans donner le bâton pour se faire battre et alimenter un discours de victimisation sur le prétendu « empire européen contre le reste du monde ».
Ceferin rappelle que le dirigeant de la FIFA, bien qu’en poste depuis plusieurs années, reste en fait un produit formé dans les couloirs de l’UEFA, ayant gravi les échelons avant de s’imposer sur la scène mondiale. Cette ironie souligne que la querelle actuelle à la tête de la FIFA dépasse les simples questions de politique interne et touche à l’identité même du football.
Dans ce contexte particulièrement tendu, l’UEFA semble donc privilégier la stabilité et la continuité à sa tête, évitant ainsi une confrontation frontale directe qui pourrait encore diviser un monde du football déjà fragilisé. Reste à savoir qui d’autre se dressera contre Infantino à Rabat, où se tiendra le scrutin l’an prochain.
Pour aller plus loin sur la stratégie politique du football et ses enjeux financiers, tu peux consulter cette analyse complète à propos des tensions en UEFA.